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Le dogme du déterminisme génétique


Cette image d’un état génétique qui fluctue selon l’heure ou la minute est totalement à l’opposé de celle installée dans la pensée du public. Qui est : les gènes déterminent tout de nos caractéristiques physiques à nos comportements. Même si beaucoup de scientifiques parlent encore de l’hypothèse que nos gènes forment une sorte d’organisation immuable de cellules doivent à jamais respecter. Dans son livre The Private Life of Brain (la vie privée du cerveau) l’enseignant chercheur anglais Susan Greenfield rapporte que « l’ensemble de pensée réductrices de la génétique alimente le courant très à la mode du concept de gènes spécifiques à ceci ou cela».


Niles Elderedge, dans son livre Why do we do it, explique que « les gènes ont été la métaphore dominante pour l’explication sous-jacente à tous les comportements humains, depuis plus basique et animale comme le sexe, jusqu’à des choses aussi ésotériques que la pratique religieuse, l’appréciation de la musique, et la codification des lois et de toute restriction morale... les médias se sont entichés des gènes... Depuis la moitié d’un demi-siècle, les gènes ont largement éclipsé le monde extérieur, naturel, en tant que moteur de l’évolution dans l’esprit de la plupart des biologistes».


Les École de Médecine ont eu cette doctrine de la détermination génétique ancrée au plus profond de leurs enseignements depuis des décades. La lettre d’information à l’intention des étudiants de l’école de médecine du campus de l’université de Sud Californie proclame, « la recherche a montré que une femme ashkénaze sur 40 à deux gènes défectueux qui provoquent un cancer du sein ou des ovaires dans sa famille ». Des croyances non vérifiées que tel ou tel gène est la cause de telle ou telle maladie font partie des fondements théoriques de beaucoup de disciplines scientifiques dans notre société.


De telles affirmations peuvent être trouvées dans des histoires comme celles diffusées sur la radio nationale NPC, le 28 octobre 2005. Le présentateur a déclaré : « des scientifiques ont aujourd’hui annoncé qu’ils avaient trouvé le gène de la dyslexie. C’est un gène sur le chromosome 6 appelé DCDC2.». Le New York Times raconte une histoire similaire le lendemain, sous le titre suivant : « on peut prouver que la dyslexie est génétique ». D’autres journaux ont repris alors l’histoire, et la légende de la primauté de l’ADN s’en est trouvé renforcée.


Il y a seulement un problème avec la légende : ce n’est pas la vérité.


En fait, il y a deuxième gros problème avec cette légende : elle localise le pouvoir ultime sur notre santé et notre bien-être dans le royaume intouchable de la structure moléculaire, plutôt que dans celle notre propre conscience. Dans son livre, La Mystique de l’ADN, Dorothy Nelkin remarque ceci « dans diverses sources de vulgarisation, le gène est devenu un super gène, une sorte d’entité surnaturelle qui a le pouvoir de définir notre identité, déterminer les comportements humains, définir les relations humaines, et expliquer les problèmes sociaux. Dans cette construction, les êtres humains dans toute leur complexité ne sont vus que comme le produit d’une combinaison moléculaire... La version séculaire d’une âme, l’origine immortelle d’un moi véritable et d’un destin déterminé.


En réalité, les gènes contribuent à nos caractéristiques mais ne les déterminent pas.Blair Justice, dans son livre Who gets sick observe que : « le rôle de nos gènes compte pour à peu près 35 % dans notre longévité alors que notre style de vie, la manière dont nous mangeons et les autres facteurs environnementaux, incluant les systèmes de soutien, sont les raisons majeures pour lesquelles les gens vivent plus longtemps ». Le pourcentage par lequel les prédispositions génétiques affectent notre état d’être est variable, mais il atteint rarement 100 %. Les outils à la disposition de notre conscience, y compris nos croyances, prières, pensées, intentions et notre foi, peuvent être souvent mis en corrélation avec notre santé, notre longévité et notre bonheur, bien plus que nos gènes ne le pourraient. Des études montrent que l’engagement dans une pratique spirituelle, ou foi particulière, peut rallonger notre vie de bien des années, indépendamment de notre assortiment de gènes.


Comment est-ce que le dogme qui affirme que l’ADN représente le plan de notre développement a pu s’enraciner ainsi. Dans son lit de vulgarisation Born that way le médecin chercheur William Wright détaille l’histoire de cette montée de la suprématie de l’idée que les gènes contiennent les codes qui contrôle notre vie : qui nous sommes, ce que nous faisons, parce que nous serions simplement entre guillemets « nés comme ça ». Nous entendons souvent des phrases telles que « elle a l’athlétisme dans le sang », « c’est un raté né » ou encore « elle a reçu les bons gènes » pour expliquer certains aspects du comportement d’une personne. L’idée d’une disposition génétique prévalente a dépassé les laboratoires pour s’ancrer profondément dans la culture populaire.


Sophromob



(Marie-Odile Brus : auteure de "Pour en finir avec les émotions toxiques" - Le Souffle d'Or)

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