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          C H I M E R E S   N E R V A L I E N N E S



          Voici déjà deux mois, Lucie que je fantasme,
          Je fais des chevauchées, je cours après le vent,
          En duel je me bats, en Chevalier ardent,
          Et je fais des folies, comme les fît Erasme.

          Je parcours l’océan, en défiant les Titans,
          Ulysse je le crois, aux portes de Carthage, 
          Ne fut plus courageux, du moins pas davantage,
          C’est là ma renommée au pays des Sultans.

          Je vous ai libérée dix fois, peut-être trente,
          Des mains de ces impurs qui vous ont enlevée,  
          La muraille abattue, aussitôt relevée,
          Ne m’a découragé, l’épreuve est récurrente.

          Quand aux portes de Troie on m’apprit la nouvelle,
          Vous étiez sequestrée au loin en Mongolie,
           Etait-ce Gengis-Khan ? Quittant l’Anatolie,
           Je franchis le Gobi, j’émancipais ma belle.

           J’ai couru l’océan, j’ai bravé la tempête,
           Dans ces flots inconstants, j’ai plongé sans tarder.
           Vous vous seriez noyée, je vins sans musarder,
           Pour vous, j’ai tout risqué, et ma vie et ma tête.

           Si vous fûtes trahie, je fus toujours fidèle,
           En tout temps vous m’avez trouvé aux bons moments,
           De ceux qui vous ont nui, voici les ossements,
           A leurs imitateurs, qu’ils servent de modèle !

          J’ai giflé les goujats, vilipendé les rustres,
          Les cancres, les faquins, les sots, les malappris,
          J’ai su clore leurs becs, je n’ai eu que mépris,
          Pour ceux qui vous blessaient, quelconques ou illustres !

          A Séville je crois, j’ai sauté dans l’arène,
          De vos cheveux un ruban s’était détaché,
          Et devant ce taureau qui l’aurait entaché,
          J’ai bondit promptement : Qu’elle se rassérène !

          J’ai chanté quelquefois, le soir sous vos fenêtres,
          J’ai joué du violon, j’ai déclamé des vers,
          Que ce soit au printemps, en été, en hiver,
          Je ne me suis lassé, j’étais présent sans l’être.

          Car tandis que j’étais à vos pieds fasciné,
          Je pressentais déjà qu’une fée très méchante,
          Concoctait sa potion qui semblait alléchante,
          Qui vous eut fait sombrer, tel un halluciné !

           Je crois que j’en ai fait bien plus que Don Quichotte,
           Le Cid Campeador ou qu’Enée en son temps,
           J’ai subi des revers, retards, des contre-temps,
           Qu’importe si parfois dans mon dos on chuchote !

           Car voyez-vous Lucie, je viens d’une autre époque, 
           Où les preux Chevaliers savaient se consacrer,
           Aux Dames qu’ils aimaient, se faire massacrer,
           Pour sauver leur honneur. Aujourd’hui… on s’en moque !
                  St Just  (Joël Gauthier)

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